Vaisseau magique
2020
Bois, verre, films dichroïques, lecteur audio, amplificateur, composition sonore.
Photo © binocle
Exposition collective facm@jbam#2020!, Jardin botanique de la ville de Meyrin.
À mi-pente – commençons par là – Alexandre Joly s’empare du vrai-faux chalet qu’Amable Gras avait placé stratégiquement au cœur du domaine. Perché au balcon de cette construction rustique, le propriétaire contemplait son jardin en maximisant son plaisir visuel grâce à un point de vue idéal. Cette réinvention du réel à travers le cadrage est reprise par l’artiste et poussée quelques crans plus loin. Voici tout d’abord une nouvelle façade, qu’on méprend au premier coup d’œil pour un mur d’origine, car elle est faite d’un bois brûlé qui lui confère un vieillissement simulé. La devanture, qui transforme l’ancien balcon en véranda, invite à se glisser derrière des fenêtres teintées d’un filtre dichroïque. Celui-ci modifie le paysage d’une façon changeante, car les couleurs se modifient selon la position qu’on prend et l’angle du regard. Une bande son, « vrombissement de drone dans lequel s’immiscent des sons d’insectes » selon les mots de l’artiste, complète le dispositif pour susciter l’impression d’« un petit voyage, grâce auquel on se retrouve à observer une autre planète, comme dans des images fantasmées de science-fiction ». Cette machine à voir est en fait un Vaisseau magique. Grâce à elle, comme grâce au jardin, l’ici est en fait un ailleurs. _Nic Ulmi_Extrait du texte du catalogue de l’exposition « La nature c’est la culture ».